Vous ne pouvez pas être partout et nous non plus d’ailleurs. Néanmoins, on a l’avantage par rapport à vous d’être multiple (comprendre “plusieurs”). Alors, quand vous restez chez vous, devant un programme bas de gamme d’une chaine de la TNT, il y a des chances qu’on soit en vadrouille dans un événement (dans le 75, 78, 92, 93, 94 et au delà) que vous avez raté.

Le cœur sur la main, on vous propose donc de revivre ces évènements comme si vous y étiez, grâce à un résumé en vrac, constitué d’éléments issues de notre mémoire sélective et remplis de notre subjectivité, le tout retranscrit à l’aide d’une chronologie approximative.

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Jeudi 13 novembre 2014. Une Cigale mais pas de fourmi, un festoche mais pas de boue, trois artistes / groupes mais pas un trio. C’EST ARRIVÉE PRÈS DE CHEZ NOUS : GLASS ANIMALS / CHET FAKER / THE SHOES À LA CIGALE.

Acte 1 : une sale histoire de places 

Ouh putain, on est mal, on a perdu notre place de tout devant dès le set de Glass Animals alors que, très franchement, à la Cigale, je suis mal habituée désormais et je ne tolère plus de ne pas pouvoir poser ma bière sur la scène entre deux pogos maintenant (d’autant qu’avec les Glass Animals, il y a à faire, surtout si tu es en chaussettes comme 3/4 du groupe ce soir-là).

Bon, ça va, on est dans la fosse et pas assises en haut comme une personne de notre connaissance que l’on aura la décence de ne pas citer. Pffiou, l’honneur est sauf.

Le seul problème, c’est qu’on est dans un endroit « de passage » apparemment. Je suis d’accord que, dans la vie, on peut toujours être le connard de quelqu’un; le seul problème, c’est quand quelqu’un est le connard de TOUT le monde et s’en bat les couilles. Ui ui, je pense à toi, faux cool et vrai con qui a décidé de fendre la foule pour placer ta nana du soir très exactement au centre du groupe de 3 personnes que nous composions. Ui, toi qui en passant en force a jeté le gobelet de bière (j’en profite pour annoncer l’indice bière de la soirée : 5 euros le demi) de ma voisine sur mon pull et sur le sien. Après je te cache pas que l’avantage des cons, c’est qu’ils appellent les autres à la solidarité : ma voisine et moi avons bien sympathisé quand je lui ai glissé à l’oreille « tu trouves pas que le meilleur moment de la soirée, c’est quand il nous a dit pardon ? » alors qu’elle était en train de s’essuyer en se frottant à ton vilain manteau.

Acte 2 : la fine ligne entre hipsters et munster

On s’était éloignées d’une Brit à legging en skaï et à haut saucissonné dans le dos pour se retrouver au milieu d’une mêlée de hipsters : dénominateurs commun = barbe et chemise soit à carreaux soit en toile de Jouy.

Faut reconnaitre, le hipster est rigolo quand même. Le mec à côté de nous s’appelle tapasfaimcoquin sur SnapChat mais on se demande ce qu’il peut bien photographier et envoyer vu que c’est ni sa bite ni ses seins… Ça a changé SnapChat quand même !

Je suis en train de pester contre la nana du vilain (cf acte 1) qui fait chut chut chut quand Chet Faker s’apprête à monter sur scène : « ChutChutChutChut, merde, vla qu’elle fait la cigale cette conne… » quand, d’un coup, vague olfactive, origine dessous de bras, force 10.

J’en appelle au Dieu Rexona, récite 3 “Je vous salue Narta” et un “Notre Axe qui êtes aux cieux” : rien à faire, j’en viens du coup à considérer une nasectomie mais une partie de moi se révolte et préférerait une nazectomie. C’est vrai nan ? Après tout, des nazes qui puent de sous les bras y’en a plein le monde mais des nez, j’en ai qu’un.

Bon, Chet Faker, c’était pas ouf hein sur scène… on le préfère pépèrement posé dans une bagnole à attendre que 3 filles en rollers arrive jusqu’à lui mais, bon, il parait que le bichon était tout malade, alors…

Acte 3 : and now Time to DANCE avec The Shoes

Il y a la queue pour tout ce soir en fait : boire, pisser, fumer. Heureusement qu’on est deux à avoir arrêté tout ça parce que, du coup, on est remontées tout devant la scène pour pouvoir poser tout notre paquetage sur la scène et tester la puissance de nos acoufuns (Protège ton oreille, ceci était un message de prévention de l’INPES).

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Fabien Berger (on a Googlé, c’est pas le fils de Michel) fait du stand up pendant l’install de The Shoes, il est drôle malgré lui un peu, il dit qu’”on est tous réunis par la musique et l’électricité”, je pense qu’il a du prendre de la MD que ses potes en combi de médecin-chimistes nous distribuaient à l’entrée de La Cigale en teaser de la sortie de l’album « Chemicals » de The Shoes. Il a peut-être abusé des quantités vu que, quand on les a questionnés, ils ne savaient même pas ce que voulait dire posologie… La gêne.

Tiens, une chute de radis est à déplorer (voilà, c’était juste pour que vous sachiez qu’on a introduit en douce de la nourriture sous le nez des vigiles, oufs que nous sommes).

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BIM, arrivée de The Shoes et de leurs guests.

Ah, direct, lumières vertes projetées sur tout le public, j’ai peur qu’on se transforme en Tommyknockers, mais bon, à cette heure-ci mon jugement est peut-être (dés)altéré, je dis pas hein.

Je vais pas vous refaire le set et vous dire à quel point The Shoes est kiffant sur scène, vous l’avez déjà lu chez Les Inrocks, chez Konbini, chez Nova, etc… Par contre, j’aimerais qu’on s’attarde deux secondes si ce n’est pas trop vous demander sur les looks :

- je suis quasi étonnée que Guillaume ne nous ai pas lâché en arrivant un « Ça va les amiches ? » compte tenu de son chapeau et de son manteau kWay noir

- je salue la perf de Benjamin pour sa chemise Malabar Bi-Goût

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- allons-y aussi pour le saroual en jean et veste de costard assortie, époque Pologne 1982 auquel ne manque que la mono boucle d’oreille en forme de croix 2014-11-13 22.15.19
Pendant ce temps-là, c’est bien la barbe bien taillée de Yoann Lemoine aka Woodkid qui dépasse du coin de la scène, caché par les rideaux. Facebook nous apprendra surtout que celui qu’on ne voyait pas mais qui était assis à côté de lui était Môssieur SebastiAn, on pense fort aux Festivaliers à ce moment-là.

C’est sur cela que le concert se finit, enfin non, sur nous retrouvant le radis au sol plutôt.

Si vous m’aviez cherché pendant les 72 heures suivantes, j’étais dans ma tête en train de rejouer le show de The Shoes.

La Festivalière (it’s always time to dance)