Vous ne pouvez pas être partout et nous non plus d’ailleurs. Néanmoins, on a l’avantage par rapport à vous d’être multiple (comprendre “plusieurs”). Alors, quand vous restez chez vous, devant un programme bas de gamme d’une chaine de la TNT, il y a des chances qu’on soit en vadrouille dans un événement (dans le 75, 78, 92, 93, 94 et au delà) que vous avez raté.

Le cœur sur la main, on vous propose donc de revivre ces évènements comme si vous y étiez, grâce à un résumé en vrac, constitué d’éléments issues de notre mémoire sélective et remplis de notre subjectivité, le tout retranscrit à l’aide d’une chronologie approximative.

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Lundi 22 septembre 2014. Un A, un tréma, un code postal. C’EST ARRIVÉE PRÈS DE CHEZ NOUS : MINISTÈRE  Ä.M.E.R. À L’OLYMPIA.

- Pour cause de “point bière”, on rate la 1ère partie ainsi que l’intro du concert, vraisemblablement “Prélude au réveil”. On entendra donc pas la voix de Monsieur Kenzy. Déception.

- “Plus vite que les balles” ouvre le concert, dans une version live légèrement ralentie (slo mo). Certainement pour permettre aux quarantenaires de se mettre en jambes (vous l’avez ?).

- Première satisfaction : ça n’est pas “Noreaga, the real Noreaga” sur scène mais bien “le Ministère Ä.M.E.R., le vrai Ministère Ä.M.E.R.” qu’on a en face de nous. On précise car il peut être facile de se faire berner par les contre-façons (une pensée pour l’auteur de cette article et la 1ère photo d’illustration utilisée). Et même si on a rien contre le “Sexy Lady” de l’autre Ministère Amer on est bien content de retrouver les originaux.

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-  [SPOILER ALERT] Parfois, le délire musiciens sur scène c’est relou. Surtout quand ça nous prive des bruits de gun faisant office de batterie sur “Plus vite que les balles” ou de l’ensemble de la prod de “Sacrifice de poulet” qui clôturera le concert.

- Même si la légende veut que les rates aiment les lascars, elles n’avaient pourtant pas fait le déplacement en masse. Parmi les exceptions, citons la Festivalière, dont le texto d’avant concert faisait office de point géolocalisation : “Si on se retrouve pas avant de rentrer à l’Olympia, cherche les lascars, je serai juste à côté. Bisous”.

- Jolie trouvaille scénique : ramener un banc pour illustrer le morceau “Un été à la cité”. Accessoire qui sera au final utilisé tout au long du concert comme banc de touche, permettant ainsi au duo de souffler tour à tour tout en restant (street)-crédible. Une astuce qui sera sûrement reprise par le chorégraphe/scénographe de la tournée “Âge tendre et tête de bois”…

- Parmi les absents du (ou gravitant autour du) giron sarcellois (95 200, s’il faut encore le répéter après avoir dû le scander pendant plus d’1h30), on peut citer en vrac : Moda, Kenzy (et sa chemise hawaïenne et aussi ses lunettes légèrement de travers), Hamed Daye (à ne pas confondre avec Amédée, joueur amateur de pétanque),…

- … mais surtout DSK, le vrai maire de Sarcelles, qu’on aurait bien vu faire une entrée “Tony Truant(e)” *** sur “Les rates aiment les lascars”…. ou “J’ai fait un rêve”… ou bien “Garde à vue”… ou même “Au-dessus des lois”…

- … mais surtout (bis) Doc Gynéco, le mec qui lèche, sifflé par une partie du public au moment où Stomy l’a dédicacé sur scène. Un public à la mémoire sélective qui n’oublie pas la période sarkozyste du Docteur mais élude complétement (entre autres) le rôle de Stomy dans le navet “Trois zéros” ou le “Dis l’heure 2 Hip Hop/Rock” de Passi (autant pour le contenu que pour le jeu de mot de la série).

- Une absence de Bruno Beausir donc qui serait due selon Mysto à un concert que Gyneco aurait donné le même jour en Ukraine…. Après recherches, aucune trace d’un évènement du Doc à cette date, seule la vidéo ci-dessous (que je vous recommande de regarder uniquement si vous êtes mort, sinon vous avez forcément mieux à faire) le reliant à l’Ukraine.

- Sur “Flirte avec le meurtre”, Stomy a 20 ans. Comme toute la salle ce soir.

- Axé sur les 2 albums du M.Ä., Stomy et Passi ont délibérément occultés leurs discographies solo du concert. A deux exceptions près : “Les flammes du mal” (qui avaient totalement leur place) et “Mon papa à moi est un gangster” qui, bien que rappé avec son fils Bilal maintenant bien grand (joli clin d’œil), on ne va pas se le cacher faisait tache…

- …tache d’huile puisque suivi d’un “mon papa à moi 2014” interprété en solo par Bilal aka Sonof (oui, il a vraiment un pseudo de rappeur) assez malaisant. On soulignera quand même la classe de Mysto qui nous a épargné le célèbre “c’est la nouvelle génération du Ministère, vous êtes pas prêts, ça va arriver lourd”. On l’en remercie.

- Ces deux morceaux au final n’auront servi ce soir-là qu’à consacrer (pour la Festivalière) Stomy, roi des D.I.L.F. et c’est déjà pas mal en fait.

- Dans un monde parallèle, Lino pourrait être testeur d’applaudimètre vu le niveau de claps qu’occasionne son arrivée sur scène.

- Dans un monde parfait, Karl the voice aurait tout baisé en France. Ça c’est la voix qu’on aime !

- Dans un monde idéal, “Sacrifice de poulet” est la bande son qui accompagne toutes les pubs française du KFC.

- A l’instar de certains épisodes des Feux de l’Amour, où l’on est averti que l’acteur jouant un personnage récurrent sera remplacé au pied levé par un parfait inconnu, on apprend que c’est Youssoupha (prononcer “Youfoufa”) qui jouera le rôle de Hamed Daye sur “Pas venu en touriste”. Un morceau qui date de 94 et qui rappellera à l’Isabelle Mergot du rap jeu que, oui OUI, on avait bien déjà “entendu de rap français”.

- Une partie du Secteur Ä se retrouve sur scène pour au final réaliser l’exploit de n’interpréter aucun des plus grands possee cut de l’écurie, nous privant ainsi au hasard de “Tel une bombe”, “Quand Bugsy et son gang dégomme”, ou “J’avance pour ma familia”. Alors oui, on a remarqué qu’il y avait de nombreux absents, mais quand même.

- A l’instar du concert de Jay-Z et Beyoncé, le Festivalier dans la place confirme qu’il n’en a rien à foutre de savoir si les deux “ministres” sont toujours ensemble ou amoureux. Ça rassure la Festialière, on vous cache pas.

- La plus grosse déception de la soirée du Festivalier : ne pas avoir une belle paire de Reebok Exofit Lo aux pieds.

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- La plus grosse déception de la soirée de la Festivalière : elle qui n’a jamais chopé au-dessus de Poitiers, voilà qu’elle ne sait plus où donner de la tête avec tous ces stimuli visuels dans la foule.

- Alors, oui, on s’est bien dit à certains moments que la nostalgie était l’ancêtre de Photoshop mais, même si l’Olympia n’avait pas été foutu de le faire sur leur prestigieuse devanture, le Ministère a quand même bien foutu les points sur les A ce soir-là.

M.Ä. OLYMPIA

Georges du Roy de Cantel featuring La Festivalière (ÄBDULÄI IS MY HOMEBOY)

*** : blague technique pour ceux qui savent