Vous ne pouvez pas être partout et nous non plus d’ailleurs. Néanmoins, on a l’avantage par rapport à vous d’être multiple (comprendre “plusieurs”). Alors, quand vous restez chez vous, devant un programme bas de gamme d’une chaine de la TNT, il y a des chances qu’on soit en vadrouille dans un événement (dans le 75, 78, 92, 93, 94 et au delà) que vous avez raté.

Le cœur sur la main, on vous propose donc de revivre ces évènements comme si vous y étiez, grâce à un résumé en vrac, constitué d’éléments issues de notre mémoire sélective et remplis de notre subjectivité, le tout retranscrit à l’aide d’une chronologie approximative.

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Samedi 13 septembre 2014. Un rappeur, une chanteuse, un cul, un show. C’EST ARRIVÉE PRÈS DE CHEZ NOUS : JAY-Z † BEYONCÉ / ON THE RUN TOUR AU STADE DE FRANCE.

- Phénomène assez étrange au pied du stade, on ne parle qu’en lettres : devant le SDF les gens viennent voir G-Z, sont impatients de mater le gros Q de B, se retrouvent porte H, préparent leur hashtag #OTR pour Instagram,…

- à voir les détritus, par centaine de kilos au m², le long des entrées du stade de France, les gens ont dû arriver la veille pensant que c’était la queue pour la sortie du nouvel iPhone.

- Raccord avec la rentrée scolaire, une animation “révise tes tables de multiplication” se tient à la buvette. Une variante du célèbre “pour deux produits achetés… deux produits achetés”.

On the run - les festivaliers- la sensation de se faire enculer avec la pinte à 9 euros (+2 euros de consigne qu’on ira pas récupérer comme des connards, forcément), ajouté à la présence de nombreux groupes/couples de mecs venus entre “amis”, confirment que B. est bien une icône gay.

- vu le nombre de Croix durant tout le concert,  soit les Carters veulent nous faire comprendre que la religion catholique occupe une place centrale dans leur vie (alors qu’on sait qu’ils sont de confession illuminati), soit on était à un concert de Justice sans le savoir.

On the run - les festivaliers

- Des représentants de “l’amicale des gens qui viennent prendre des photos avec leur iPad” ont bien fait le déplacement. Tout va bien.

- L’avalanche de scènettes sur les écrans géants, qui font office de mini entractes (mais qui représentent en fait les temps de chargement des nouveaux costumes de Beyoncé), me rappelle les longues cinématiques du jeu Metal gear Solid.

- Des scènettes qui, une fois mises bout à bout, constitueront en fait un court métrage (bientôt disponible).

- La tracklist fait un peu empilement en mode shuffle de tubes en couple ou en solo.

- Queen Bee n’a vraiment pas de chance. A chaque fois qu’elle montait sur scène, un vent de force 8 se mettait à souffler comme jamais à St Denis. Enculé de Mistral.

On the run - les festivaliers- On s’attendait vraiment à voir des images de la vidéo dans l’ascenseur avec Solange Knowles pendant le “99 Problems” de Jay-Z. Déception.

- Après trois pintes suivies de deux heures de concert, la pause pipi s’avère être l’un des meilleurs moment du concert.

- Beaucoup d’amour pour les gens qui passent leur temps à filmer avec leur téléphone, sans vraiment rentrer dans le concert, mais qui profiterons des images ultérieurement sur YouTube. Génies !

- “Ils ont percé les jumeaux danseurs”.

- Les sourires de Beyoncé sont plus rares que les gars à la hauteur et les putes à leur compte réunis.

- Je ne juge pas mais j’ai beaucoup de mal à comprendre ceux qui se plaignent de l’utilisation (réelle ou supposée) du “playback – bande” par ‘Yoncé. Certainement les mêmes personnes qui critiquent les scénarios des blockbusters, qui s’offusquent de l’utilisation de photoshop sur les couvertures de magazines, qui soutiennent que le plombier qui se tapent sa cliente dans les films porno c’est complétement pas crédible,… Bref, allez voir Lara Fabian.

- Déception totale à la fin du concert, “Drunk in zouk” mon morceau préféré n’a pas été retenu pour la tracklist finale.

Drunk

- C’est en allant pisser que tu croisent les gens les plus aigris, ceux qui ne veulent pas te laisser passer, que tu déranges en passant devant l’écran géant. Mais qui en fait sont jaloux de ton courage d’aller uriner alors que le prochain morceaux pourrait être…

- … NIGGAS IN PARIS!

jay

- Les culs de Nicki Minaj et Beyoncé réunis sur la même scène n’ont pas déplacé la planète de son axe terrestre. Ouf !

- Ceux qui ont trouvé plus intéressant de passer du temps à chercher des signes permettant de (in)valider les vraies/fausses rumeurs de séparation d’un couple “d’inconnus” au lieu de s’attarder sur le show, j’ai un scoop pour vous : vous avez un problème de voyeurisme ! Mais je juge pas. Si les histoires de cœur sont votre grande passion, la prochaine fois restez chez vous, matez quelques épisodes de Grey Anatomy en feuilletant un Closer, vous passerez un bon moment tout en faisant des économies.

JB

- B se fend d’une reprise de X Factor de Lauryn Hill. Du coup on se demande si L Boogie, en concert au même moment à Paris, joue un morceau de Beyoncé.

- On se fait quand même bien chier sur les quelques balades interprétées par B.

- Le RnB ne devrait jamais sortir de la sphère privée.

- “Alors alors ils s’aiment toujours ?” is the new “Alors alors bien le concert ?”

- Rappel anglais LV 1 : “On The Run” veut dire en cavale.

OTR

- [SÉQUENCE DÉCRYPTAGE] Une bannière “This is not the real life”, affichée sur l’écran géant, fait office de première partie. Bannière qui renvoie en fait à la thématique de la tourné contenue dans son titre  “On The Run”, illustrée par les scénettes vidéo. Ces vidéos tantôt violentes, tantôt spot de pub pour le tabagisme, sont une sorte de métaphore de la vie du couple telle qu’on se l’imagine : inséparables, pourchassés par la police les paparazzi et dévalisant les banques les portefeuilles de ceux qui viennent voir leurs concerts où les pintes sont à 9 euros (!!!).

Toutefois, le concert s’achève sur des vidéos d’archive (bien réelles, cette fois) retraçant le parcours du couple, de sa naissance jusqu’au point culminant de leur glamourous life : l’arrivée de Blue Ivy. Trop mignon. Le tout conclue par une bannière “This is the real life”. Bref, toute cette fast life à la Bonny & Clyde n’est qu’un futile fantasme, la vie, la vraie est ailleurs. Vous l’avez ? Bon le problème c’est que dans cette “real life” il manque des images de Jay-Z changeant des couches, de Beyoncé en train de préparer des ravioli, ou de la petite famille lors de sorties chez Ikea.

- Grosse pensée pour les mecs venus en couple et qui souffrent maintenant d’un strabisme divergent après avoir passé près de 2 heures à essayer de mater le boule de Beyoncé sur les écrans géants sans se faire cramer par leur meuf.

on the run - les festivaliers- En sortant du stade, la conversation téléphonique d’une jeune demoiselle m’interpelle. Citation : “Ouais vraiment trop cool le concert. Y’avait même son mari !”. Le #smh est intense.

Georges du Roy de Cantel (Yeah, I’m talking B, nigga, I’m talking me)