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STREET-ART SEBDOMADAIRE #31

Veuillez éloigner vos enfants de votre écran, cette review street-art n’est que violence.

La violence de la mondialisation :

Pour le projet OPENWALLS, la ville de Baltimore a ouvert ses murs aux talents urbains. Une excellente initiative qui a permis à 22 artistes, dont beaucoup font partie du gratin du street-art mondial, de profiter d’autant de murs. Si certaines des pièces sont incroyables, les autres sont superbes. Bravo donc à : Swoon, Vhils, Gaia, Interesni kazki, Sten & Lex (entre autres). Néanmoins, certains regrettent que ce projet ait fait appel à des artistes internationaux au détriment des activistes locaux. Décidément, rien n’arrête la mondialisation.

La Violence avec un grand V :

Toven fait partie de ces artistes méconnus de Baltimore, mais il aura droit à une place dans ce Sebdomadaire à défaut d’avoir été invité par sa municipalité. Cet artiste non syndiqué est un homme meurtri, au sens propre comme au figuré. Physiquement, tout d’abord, parce qu’il a été grièvement blessé dans un accident industriel et qu’il est, même plusieurs années après, toujours sous médicaments anti-douleurs (devenu tellement accro que sa signature artistique est une gélule). Et spirituellement parce que ses deux jeunes enfants sont morts récemment.
On lui doit  ”M. Baltimore” l’image d’un homme dans un costume avec un P.38 à la place de la tête. Il fait ainsi référence à la mauvaise réputation de la ville, éminemment violente. Ceux qui ont vu la série “The Wire” sont déjà au courant, les autres peuvent lire le chapitre criminalité de la fiche wiki de la ville. Également fan de littérature et d’Edgar Allan Poe, mort à Baltimore en 1849, Toven a créé un portrait de Poe dans une combinaison spatiale de la NASA. Résultat : une image saisissante complètement anachronique même si pour Toven, Edgar Allan était après tout un explorateur des espaces sombres de l’imagination et un pionnier des genres littéraires.

Du street-art à l’arme lourde :

On parlait de violence des rues de Baltimore. Epos 257, street-artiste tchèque multi-cartes, fait du street-art violent. armé de son énorme fusil paintball, il s’attaque aux panneaux publicitaires de Prague. Et attention, il tire à vue ! Certains doivent se dire que c’est le degré zéro de la peinture et ils ont raison. Mais là, on parle de guerilla artistique et Epos 257 attaque à l’arme lourde. L’existence même de cette arme de fabrication artisanale, un fusil au canon de 257 mm et au fonctionnement pour le moins spectaculaire, est en soi une performance remarquable.

Make Art not War :

Ce numéro dédié à la violence est l’occasion toute trouvée pour vous faire un retour sur la guerre Banksy – Robbo.
Ces deux grands noms du street-art international et du graff se sont affrontés pendant des années par murs interposés. C’est Banksy qui a ouvert les hostilités en recouvrant une des plus vielles pièces londonienne de Robbo. King Robbo et son armée se sont ensuite attaqués aux œuvres de Banksy à travers toute l’Angleterre. Banksy, de son coté, attisait les flammes, bref on était partis pour une guerre de tranchées interminable. Puis King Robbo est tombé dans le coma mais ses soldats ont continué la guerre. Banksy a tenté de mettre fin aux hostilités en déclarant que Robbo était une légende du street-art anglais, bien plus grande que lui. Il a surtout agité le drapeau blanc lorsqu’il a réalisé une sorte d’hommage à Robbo en repeignant encore une fois le mur de la discorde pour y mettre une représentation en noir et blanc du graff original, avec l’ajout d’une couronne et une bombe de peinture avec une flamme (un peu comme “Like a candle in the Wind”). Pour la nouvelle année, la team Robbo a repeint le fameux mur devenu champ de bataille à l’original (voir ci-dessous), et a continué à attaquer les œuvres de Banksy (dernier accrochage en février).
Aujourd’hui, Robbo est sorti du coma et il semble qu’il ait ordonné à ses troupes de cesser le feu.

Pour ceux qui veulent connaitre tous les détails de ce conflit, je conseille ce reportage de guerre. Reportage qui n’est pas nouveau (fin 2011) mais plutôt bien fait, un peu à charge contre Banksy puisqu’il n’a pas souhaité défendre ses positions. On y voit quand même Robbo qui a finalement profité du buzz pour s’infiltrer dans le juteux marché d’art légal. Marché qu’il critiquait il n’y a pas si longtemps.

Thanks to (sources et compléments) :  Toven, Epos 257.

Sebdo

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