RAPPEURS ET ÉLECTIONS LÉGISLATIVES
Les politiques sont souvent consternés par les rappeurs, alors que ces derniers se sentent parfois concernés par la politique (ou l’inverse, je ne sais plus trop). Ce constat, même s’il ne s’est pas vérifié pendant les présidentielles (pour cause de consensus nique anti Sarkozy dans le rap jeu), est pourtant d’actualité à l’aube des élections législatives. En effet, contre toute attente, les rappeurs français se sont sentis investis d’un devoir civique à l’approche de l’échéance, à l’issue de laquelle les représentants siégeant à l’Assemblée nationale seront désignés.
Néanmoins, pas de mobilisation collective à la con, type “Vote or Die” : d’une parce qu’on est en France (où l’on préfère les t-shirts pour se lamenter), de deux parce qu’ici on sait bien que si tu votes pas, bein tu meurs pas (si ça n’était pas le cas, à en croire les chiffres, l’abstention serait la principale cause de mortalité). Mais ceci n’empêche pas nos rappeurs hexagonaux, chacun de leur coté et à leur manière, de s’impliquer activement dans ces élections, voire même de soutenir (ou pas) – plus ou moins ouvertement – certains partis. La preuve en (7) images :
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#1 - Un peu passée à la trappe dans les médias, voici l’affiche officielle du Ministère de la jeunesse destinée à rendre “cool”/”soins”/”frais” auprès des plus jeunes ce scrutin beaucoup moins médiatique que la présidentielle. Et bizarrement c’est Nekfeu, du groupe “un neuf neuf cinq”, qui a été retenu pour incarner la tête de mong… gondole des législatives “deux zéro un deux”, coiffant bien heureusement au poteau le rappeur Leck, qui avait lui aussi participé au casting, mais qui ne méritait pas cette campagne d’affichage (ndrl : au sens figuré).
#2 - En parlant de Trappes. Bien que loin d’avoir l’étiquette de rappeur conscient au discours politisé, la Fouine affiche de façon très explicite son soutien au “Front de gauche”. Jean Luc Méchenfron : swag ou pas swag ?
#3 - Kaaris ne fait rien dans la dentelle (quoi que ça dépend peut être avec qui), ça n’est un Victoria’s secret pour personne. Constat confirmé par sa façon toute particulière d’exprimer son ressentiment à l’égard du PS, dont il flingue ouvertement le symbole.
#4 - Morsay en connait un rayon niveau politique, pas étonnant pour un mec ayant malheureusement frôlé de justesse les 500 signatures qui lui auraient permises de se présenter aux élections présidentielles. Le cœur sur la main (sauf quand il fait des signes avec), il n’hésite pas à expliquer autour de lui les rouages des élections législatives. Exemple ci-dessous, avec Zehef à qui il expose le très complexe principe des triangulaires.
#5 - Langage des signes toujours. Si l’on devait utiliser une métaphore, on pourrait dire que les courants politiques (plus ou moins “sérieux”) sont au nombre de cinq, comme les doigts d’une main ! Pouce et index à droite, annulaire et auriculaire à gauche (ça marche aussi dans l’autre sens hein). Partant de là, plus aucun doute : Sazamyzy & Hype sont des centristes convaincus.
#6 - Patate de forain ou droite extrême ? Peu importe, Seth Gueko promet les deux aux électeurs tentés de faire le “mauvais choix”. Au passage, “une-grande-big-up-o-fransè-ki-son-pa-raciste” !
#7 - Exception à la règle, Rim’K du 113, seul rappeur qui semble complétement se désintéresser de toutes ces considérations politiques et républicaines en affichant clairement son souhait de voir la nation revenir sous l’ancien régime.
Georges du Roy de Cantel (De-voted)
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