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BEDOSCOPE – DETACHMENT

Le bédoscope c’est quoi ? > pour les retardataires ou les lecteurs infidèles : voir ici.

Préambule : pour la petite histoire, en allant voir le film “Detachment” il y a de ça plus de 2 mois (NB : souvenez vous de cette indication) je pensais voir “The Descendants”, rapport à la proximité orthographique des deux titres j’imagine. Et quelle ne fut pas ma stupeur, pour ne pas dire ma déception, en voyant Adrien Brody (acteur faisant de la pub pour de la bière) en lieu et place de George Clooney (acteur faisant de la pub pour du café) ! Pas de conclusions hâtives, n’allez pas penser que je suis cervalophobe pour ça hein, mais à chaque fois que je vois Adrien je m’attends à entendre une tirade de Cyrano, rapport à la proximité métrique entre son nez et celui du personnage de Rostand j’imagine. Mais pas de conclusions hâtives, n’allez pas penser que je suis antisémite pour ça hein.

Donc j’ai vu Detachment de Tony Kaye (réalisateur de American History X) dont le patronyme me fait penser à KaNye, rapport à la proximité orthographique des deux noms j’imagine. Pas de conclusions hâtives, n’allez pas penser que je suis sémiologue pour ça hein. Mais revenons au film. Malgré son titre, Detachment ne traite pas du tout, comme on pourrait le penser, de la situation des fonctionnaires en position de détachement, dont le statut a d’ailleurs été modifié par la loi N°2009-972 du 3 août 2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique. Pour situer l’histoire, voici un pitch rapide : “Henry Barthes est un professeur remplaçant assigné pendant trois semaines dans un lycée difficile de la banlieue new-yorkaise. Alors qu’il s’efforce de toujours prendre ses distances (d’où le détachement, ndrl), Barthes va voir sa vie bouleversée par son passage dans cet établissement…”

Vu comme ça, il serait forcement tentant de sortir sa calculette et tomber sur le résultat d’équation suivant : “film + milieu scolaire défavorisé = on a déjà donné”. Et a priori, on aurait raison, mais en apparence seulement. Car malgré les similitudes, le film est très différent des autres long métrages abordant la même thématique. Par exemple, à la vue du combo élèves en difficulté/misère sociale, il serait facile de faire un rapprochement avec Entre les murs, Palme d’or 2008. Et pourtant rien à voir, Detachment se déroulant aux États unis et pas en France (à noter qu’aux US, “affirmative action” oblige, les rôles de jeunes arabes sont donnés à des latinos).

Alors vous me direz que je chipote sur de basses considérations géographiques et que si ça ne tient qu’à ça il suffit de se tourner vers Esprit Rebelle, dont l’histoire se déroule dans un lycée américain. Et pourtant, encore une fois rien à voir : au delà du fait que l’intrigue tienne surtout sur un jeune (interprété par le rappeur Coolio) en difficulté avec son coiffeur plus qu’avec sa scolarité et prétendant “passer la plupart de sa vie à vivre dans un paradis gangster” (sic), le rôle du prof plein de bons sentiments/bonne volonté est tenu par Michel Pfeiffer, une femme. Une fois de plus, rien à voir.

Alors vous me direz que je chipote sur de basses considérations sexuelles et que si ça ne tient qu’à ça on pourrait alors tout naturellement citer le Proviseur. Ce film met en scène l’histoire d’un enseignant, interprété par James Belushi, nommé proviseur dans une école à mauvaise réputation qui essaie tant bien que mal d’aider des jeunes en difficulté sur fond de guerre de gangs. Malgré les similitudes avec le personnage tenu par Adrien Brody, une différence majeure sépare les deux films : le proviseur/prof ici présent n’était pas remplaçant. Définitivement, rien à voir.

Alors vous me direz que je chipote sur de basses considérations de stabilité d’emploi et que si ça ne tient qu’à ça le long métrage The Substitute (à ne pas confondre avec le docu de Vikash Dhorasoo) remplit tous les critères. The Substitute, que l’on pourrait traduire par Le Remplaçant, relate l’histoire d’un ancien militaire/mercenaire se faisant passer pour un professeur remplaçant dans un établissement où règne la violence (et accessoirement pour venger sa femme). Tom Berenger, acteur musclé, y tient le rôle titre et incarne un enseignant pas avare quand il s’agit de filer des mandales (ou des boulettes de papier) et très “concerné” par la santé de ses élèves les plus récalcitrants. Bref, un personnage faisant preuve de tout sauf de detach(e)ment face aux jeunes qu’il doit éduquer. Là encore, rien à voir.

Vous l’aurez sans doute compris, Detachment ressemble à beaucoup de films, bien que pas vraiment en fait. Et je pourrais en dire des choses sur ce film (comme le fait qu’on y apprend que la maison du chanteur Usher est tombée, ou que je compte garder un œil sur l’actrice Sami Gayle), mais je ne sais plus trop quoi, ça fait quand même plus de 2 mois que je l’ai vu.

Georges du Roy de Cantel (High School High)

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