[L'INVITÉ : ANDRÉ MOL] POUR LES SOLDES, VOICI NOS FINS DE SÉRIES TV
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Message de la rédaction du blog : parce qu’il n’y a pas que la Fnac qui découvre de nouveaux talents et que la nouvelle star ne se cache pas que sur M6, nous avons décidé d’ouvrir notre Festival aux acteurs de la géniale blogosphère qu’on aime et à qui, avec toute la modestie qui nous caractérise, on souhaite donner un coup de pouce (même s’ils font plus de vues/jour que nous). Aujourd’hui, les Festivaliers présentent : André Mol du blog “Temps de cerveau disponible“, le blog de ceux qui ont du temps, un cerveau, et un minimum de disponibilité.
C’est désormais un fait. Y’a plus rien à voir à la télé. Suffit de jeter un œil au Télé Loisirs pour s’en convaincre : la TNT alterne les copies trash de Confessions Intimes, Faites entrer l’accusé, et les rediffusions poussiéreuses de films sous naphtaline ; TF1 abuse des Experts et M6 de NCIS. Les téléspectateurs de France TV, spécialement de France 3, sont désormais plus nombreux au cimetière que devant leur poste ; et pour exister, les chaînes du câble font mal doubler les programmes poubelles de la télé US en emballant ça avec des plateaux cheap présentés par des candidats de télé réalité sur le retour pour avoir leur article chez Morandini.
Oui, ça marche un peu comme ça, en 2012, le paysage audiovisuel français. Alors, comme tout le monde, je me rabats sur les séries US. Une série US, c’est comme un bon film qui proposerait une suite chaque semaine. Il y a peu de succès français qui pourraient faire de bonnes séries, à part peut-être l’Arnacoeur. Mais vous vous imaginez sérieusement suivre les aventures des huit connards des Petits mouchoirs ?
Alors voilà, plus de cinéma, plus de TV, on streame des séries et on s’accommode des sous-titrages approximatifs -parce qu’on n’aurait pas fait mieux- et de la qualité moyenne -parce que ce qui compte dans une série, c’est pas qu’elle soit en HD-.
Parmi les nouvelles séries de la saison, j’ai commencé Pan Am. Le problème d’une série comme celle là, c’est que tu sens beaucoup trop l’ombre du producteur et du studio derrière tout ça : « bon les gars, après Mad Men et la publicité, on va continuer à célébrer l’Amérique triomphante en racontant l’histoire d’une compagnie aérienne et de ses belles hôtesses (ou comment plaire aux hommes en faisant semblant d’être féministe). On garde l’ambiance rétro, les beaux costumes, les belles voitures, et on enlève l’alcool et les clopes parce que quand même, on est sur ABC ». Pan Am, c’est un peu la série Chevignon : c’est beau dans la vitrine, mais pas sur que ça tienne plusieurs lavages.
Falling Skies…et VSpielberg a dû prendre un scénario qu’il s’était fait jeter à la gueule par Hollywood. Il a mixé Alien, Arachnophobie et Rencontres du 3ème type pour avoir des monstres verts bien gluants et terrifiants quand tu vois leur ombre passer dans les couloirs. Il a recyclé le beau Noah Wyle qu’on n’avait pas vu depuis Urgences. Il a mis tout ça dans un shaker et comme d’habitude, on se laisse embarquer, malgré les effets spéciaux pas très spéciaux, les dialogues mielleux, les cliffhangers prévisibles et les dialogues réactionnaires.
Ca reste mieux que V, dont la seconde saison aura finid’enterrer les derniers espoirs des fans de la version 1989 dont je faisais partie. En dehors de cette Reine au regard et au corps complètement hypnotique, tout est à jeter dans ce remake qui a oublié tout ce qui faisait le sel de l’invasion des Visiteurs au départ : ils viennent pour nous bouffer, bordel ! Cette recherche vaguement judéo-chrétienne de l’Ame dans le corps de l’homme est d’une stupidité digne d’un Joséphine Ange Gardien. La poudre rouge, les vrais pistolets lasers, les combats, les mecs qui mangent des rats attrapés dans des poubelles, c’est ça qu’on voulait revoir. Fort heureusement, tout le monde était d’accord avec moi. Clap de fin au bout de 2 saisons.
Terra NovaSpielberg a dû prendre un scénario qu’il s’était fait jeter à la gueule par Hollywood. Quoi, encore ? Oui, en 2149, on a trouvé lemoyen de remonter dans le temps, et la seule période qui nous intéresse, c’est celle où il y a des dinosaures dedans. Bizarre non ? Heureusement, leshumains vivent dans un village muni de barrières en bois pour ne pas être inquiétés pour les éventuels tyrannosaures qui cherchent à dîner dans le coin. Terra Nova, c’est la preuve que même en série, l’écologie c’est chiant.
J’ai abandonné Desperate Housewives. Autant il m’apparaît complètement crédible le fait qu’en 2149, les failles temporelles existent, autant ces histoires à dormir debout de mégères irresponsables me rendent hystériques. Elles m’énervent. Toutes. J’ai arrêté de télécharger les épisodes, prétextant que la série n’avait pas repris, mais je vois bien que ma femme ne me croit pas. Tant pis pour elle.
Déjà, j’ai poursuivi Grey’s Anatomy alors que lors des premières saisons, je priais pour qu’un scalpel vienne se planter dans les yeux d’Ellen Pompéo. Depuis une ou deux saisons, je dois dire qu’ils se sont bien rattrapés, et le fait que les histoires d’amour et de cul soient devenues plus secondaires est un excellent tournant narratif pris par Shonda Rhimes, à qui l’on doit le beaucoup moins réussi Private Practice, arrêté après deux épisodes et demi.
The KillingAu départ, il s’agit d’une série suédoise. Et quand on voit les images, on le comprend très vite. Il fait moche. Les gens sont moches. Le rythme est lent. Mais l’intrigue, l’intrigue est fantastique. Un meurtre, treize épisodes, et à la fin de chacun, l’intime conviction que ça y est, on sait enfin qui est le tueur. C’est digne d’un Millénium, même si je dois avouer que je n’en ai jamais lu une ligne. Ca a l’air trop moche.
Person of interestJ’ai d’abord regardé pour retrouver Ben, mon Ben, le guide paranoïaque de Lost (best serie ever). Le pitch de départ ressemble un peu à Minority Report (probablement encore une histoire de scénario de Spielberg) : un gars a conçu une machine qui lui permet d’anticiper les meurtres à venir. A partir de ce postulat aussi crédible que celui de Terra Nova, l’intrigue se noue autour d’un ex-agent de la CIA au regard aussi ténébreux qu’un mannequin de l’Oréal recruté pour sauver des vies à la place de Ben, qui n’est plus du tout paranoïaque et même un poil naïf. Cette série ne changera ni votre vie, ni celle de votre TV, mais c’est toujours mieux que Camping Paradis.
Reste le cas Barney Stinson. Après huit saisons à essayer de rattraper Friends, How I met Your mother tire clairement la langue et on peut dire désormais que la série n’y parviendra jamais. Hormis quelques épisodes légendaires, l’ensemble est très inégal, et finalement, on se fout autant de Ted que de sa recherche de la mère de ses enfants. Pas sur que je prenne encore le risque de voir débarquer Frédéric Mitterand et Mr Hadopi à la maison pour ça. Je préfère mater Rabbi Jacob sur NT1.
Si vous avez des suggestions, elles sont les bienvenues. En revanche, tout commentaire serait malvenu.
André Mol
Retrouvez André Mol tous les jours à 19h sur : http://www.tempsdecerveaudisponible.com/
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