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STREET-ART SEBDOMADAIRE #23

Aparté : Tout d’abord, je tiens à présenter mes excuses à mes fans pour l’actuelle fréquence de publication du sebdomadaire, comme vous le savez (enfin, j’espère) les Festivaliers ont maintenant leur boutique. La direction du blog a investi massivement pour le lancement du Shop. Et ce que vous ne savez pas, c’est que, en contrepartie, elle a fait des coupes franches dans le budget des autres services. Du coup, je n’ai plus de petites mains pour m’aider à faire cette review streetart (ceci explique aussi pourquoi vous pourrez trouver des fautes de-ci de-là). Je souhaite ensuite m’excuser auprès des vrais fans de streetart car, pour eux, ce sebdomadaire risque de sentir un peu le moisi tellement il est périmé. Pour ma défense, mon temps de cerveau disponible a été entièrement mobilisé sur de gros projets (migration serveur, ouverture de la boutique et autres). Car bien que la direction ait jugé bon d’ouvrir une usine en Chine pour la fabrication des t-shirts, elle continue de penser qu’un responsable informatique est un accessoire dont le blog peut se passer, du coup c’est bibi qui s’y colle. Pour tout vous dire à l’heure actuelle la direction est en cours de négociation pour le rachat de la SEPFJ (imprimerie basée à Pantin) et m’a déjà transmis les notices d’une rotative-flexo et d’un thermo-relieur. C’est peut-être ma dernière review car qui sait si j’aurais du temps lorsque je m’occuperai de l’impression des milliers d’exemplaires du Dico du rap français.

Dans l’ordre d’apparition, cette semaine : du streetart sur des carrés de soie, sur un château, sur des arrêts de bus et pour finir un reportage édifiant sur le trafic d’œuvres street-art.

Un graffiti très carré :

Une veille maison française de fabrication d’article de luxe, connue pour son traditionalisme, s’adonne au streetart. L’enseigne Hermès se dévergonde au point de demander à Kongo (un jeune du 93) de lui tagger quelques séries de carrés. Kongo a ainsi créé huit modèles de “carrés Graff Hermès”. La société de luxe reversera une partie des bénéfices à l’association de Kongo “Kosmopolis” qui lance un “Kosmo tour” dans 8 pays, à la recherche non pas de Cosmoscats mais de jeunes graffeurs inconnus mais bien sûr talentueux. Mme Michu commence à peine à apprécier le mouvement streetart donc pas sûr qu’elle adhère avec l’idée d’aider les jeunes street-artistes dans le besoin, par contre ce qui est certain, c’est que ce carré va faire fureur dans les cours des lycées parisiens.

 

Une fresque médiévale :

Transition toute trouvée pour vous parler de Patrick Boyle (aucun lien de parenté avec Susan) et de son château car voici un châtelain qui sera client des “carrés Graff Hermès”. Depuis 2007, le château de Kelburn (qui tout comme Hermès est une vieille maison) datant du 13ème siècle est recouvert d’une gigantesque et splendide fresque, réalisée par Os-Gemeos et quelques potes graffeurs (eux aussi brésiliens). Au départ, ça devait durer 3 ans et la très sérieuse agence gouvernementale, Historic Scotland, en charge de la sauvegarde du patrimoine avait autorisé en partie cette initiative pour son caractère temporaire.

Mais depuis, cette décoration pour le moins psychédélique a attiré beaucoup de curieux et Patrick Boyle souhaite maintenant que cette fresque devienne permanente. « Durant les trois années d’existence de la fresque, celle-ci a attiré un intérêt énorme tout autour du monde et elle est aimée par chaque personne qui la voit. (…) Elle est devenue un point de repère, un sujet de conversation, et a donné au château ainsi qu’au domaine entier une toute nouvelle personnalité. ». Sur un domaine abritant également un centre d’attractions en plein air, ces graffitis ludiques font l’unanimité chez les visiteurs. Il faut dire que son château était un peu austère et qu’il a plus de charme comme ca, et surtout, c’est le seul château streetart de la planète. Donc forcément un des plus originaux. Sans parler de l’œuvre qui est entrée dans le top ten des meilleurs exemples street art mondiaux et a été estimée à quelques 20 000 livres.

Le problème c’est qu’on rigole pas avec l’Historic Scotland qui précise que les propriétaires de monuments classés ne doivent utiliser que « des couleurs historiquement correctes». Du coup, le propriétaire du château multiplie les recours juridiques et les déclarations dans la presse. Un peu comme Marcel Campionne et sa grande roue place de la Concorde, mais en plus louable puisque là on parle quand même d’une œuvre d’art. (très bon article sur le sujet)

Home sweet home :

Toujours de l’autre côté de la Manche, on quitte l’Ecosse pour Manchester, où deux artistes ont transformé durant la nuit des arrêts de bus en maison (ou abribus anti-crise). Ceci pour protester contre les méchantes banques qui ont provoquées la crise qui met l’économie mondiale à genoux. Cette crise mettant chaque jour beaucoup de familles à la rue, celles-ci pourront squatter les abribus en cas de besoin.

 

Comment une galerie nommé BankRobber (ça ne s’invente pas) a pillé le patrimoine culturel de la Palestine :

En conclusion, une vidéo sur un trafic d’œuvres d’art réalisé au grand jour. Voila quelques années, Banksy a été faire un tour de l’autre côté du mur de séparation pour y poser quelques œuvres. Ses œuvres “palestiniennes” l’ont fait connaitre dans le monde entier. C’est un peu le début de la légende et c’est la raison pour laquelle les estimations de ces œuvres atteignent des sommes folles. Certaines sont posées directement sur le mur de séparation, donc difficilement récupérables sans se mettre à dos l’armée israélienne. Mais d’autres étaient apposées sur de simples maisons de pauvres palestiniens. Donc il suffit de couper le mur de la maison, puis de refaire un nouveau mur (“on est des voleurs d’œuvres d’art mais on n’est pas des barbares pour autant” étant la devise officieuse de la galerie BankRobber). Ensuite, il suffit de revendre ces œuvres à une galerie américaine et de rapatrier les bouts de mur aux États-Unis. Ne reste plus qu’à y coller une étiquette avec un prix avec plusieurs zéros et le tour est joué.

Thanks to (sources et compléments) : Carré Hermes by kongo
Kelburn Castel
Bus Stop
Traffic d’oeuvre streetart Sebdo
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