C’EST THE COOLEGE BABY, NO CRACKS !
Au Festival, on a la mauvaise habitude de parler plus facilement de ce que l’on aime pas. À tel point qu’on en a même fait une rubrique (pour les moins assidus d’entre vous, on rappelle qu’on l’a baptisé sobrement “Les enculés“). Et parmi ces nombreuses choses qui pourraient prétendre à une place dans cette rubrique, le mouvement “c’était mieux avant” figure en bonne place.
Le “c’était mieux avant”, qu’on l’appellera CÉMA, ça ira plus vite (à noter que CÉMA est l’anagramme de camé, coïncidence ?) est bloqué dans le temps et s’accroche désespérément à une décennie/époque. Certains diront que c’est une manifestation de nostalgie exacerbée mais pas toujours. Car oui, le “CÉMA” peut vouer un culte à une époque qu’il a peu voire pas du tout vécu. Ce cas précis se matérialise par tout un mouvement porté par des adolescents ou de jeunes adultes qui remettent aux goûts du jour un style vestimentaire daté (pour plus de détails sur le style en question, ressortez vos photos de classes du collège). À tel point qu’en les voyant on a, à peu de choses près, l’impression d’assister à l’arrivée de Marty Mcfly en 2015 avec son style des 80′s, dans l’épisode 2 de la saga Retour vers le futur. Suivant le même principe, le CÉMA ne jure que par la musique que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre (… sans l’aide de YouTube). Soit dit en passant, en matière de musique, quand le CÉMA se décide à en faire, cela donne une reproduction de ce qui se faisait dans le passé… mais en moins bien. En définitif, on attend de voir le CÉMA se lancer dans un jusqu’au-boutisme désespéré qui le conduira à utiliser un téléphone StarTac ou à tenter de se connecter sur 3615 Twitter pour boucler la boucle et éventuellement reconsidérer notre position sur lui.
Mais à l’instar du chasseur des Inconnus, il y a le bon (espèce très rare) et le mauvais CÉMA. “Le collectif” à l’origine de la vidéo ci-dessous, fait partie de la catégorie des bons chasseurs.
Le collectif en question c’est The Coolege. Sous ce nom (bien senti) se cache un certain nombre d’entités talentueuses évoluant dans la musique (Wilow Amsgood, Digikid84), le textile (via la marque GrafikCube), la photo et la réalisation (de clips notamment), le tout se complétant à merveille et illustrant parfaitement le proverbe voulant que l’union fait la force, surtout dans un univers où il est préférable d’être multitâche et de savoir tout gérer afin d’optimiser ses chances de réussite. Et ce qu’ils nous offrent avec cette vidéo, c’est une émission de 8 minutes baptisée “This is How we do it”, réalisée et présentée par SJD (personnage aux multiples casquettes et t-shirts, car aussi à l’origine de la marque GrafikCube citée plus haut). Ce format court emprunte à l’univers MTV du début des 90′s (avant que celle-ci ne devienne qu’une usine à télé-réalité) et à une certaine imagerie Hip Hop de l’époque (tendance Fresh Prince of Bel Air ou Kid ‘n Play, entre autres). Au programme de ce pur moment d’entertainement : promotion d’artistes (rap et électro) et leçon de style (no cracks !). Le résultat est drôle, décalé et sincère car, au final, on se retrouve devant un hommage plutôt que face à une parodie ou à un simple copié/collé d’une émission qu’on aurait adoré voir sur une VHS prêtée par un pote assez chanceux pour avoir des parents abonnés au câble ou au satellite.
Gros coup de chapeau donc à The Coolege qui, non contents de nous offrir un programme de qualité, font coup double en réalisant un produit à caractère promotionnel original (mettant en scène leur artistes musicaux et, de façon générale, leur maîtrise de l’image), le tout étant à mille lieues des “web-réalités” bas de gamme qu’on voit pulluler sur le net, en particulier dans le rap français.
On espère avoir droit prochainement à un nouvel épisode de “This is How we do it” concocté par cette bande prometteuse et productive, sur laquelle il conviendra de garder un œil et une oreille. Et tout comme leur logo, on croise les doigts pour qu’on ne se retrouve pas à dire dans quelques temps : The Coolege, c’était mieux avant.
Georges du Roy de Cantel (Fresh to the death)
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