LE MARDI C’EST PHOTOGRAPHIE #37 – ALEX MACLEAN
Il y a peu, j’ai développé une fascination pour “l’urbanisme”, l’organisation des villes, les réseaux. Et plus particulièrement pour tout ce qu’on peut voir et, du coup, comprendre vu du ciel. Attention, je ne parle pas des photos de Yann qui passe son temps à prendre des clichés d’arbres et de lacs depuis son hélicoptère et à faire des films (super) chiants sensés émouvoir la ménagère de moins de 50 ans. Non. Je parle de la vue d’une ville telle qu’on peut tous la voir sur Google Earth par exemple. Ces cartes des villes utilisées dans toutes les séries où il faut sauver le Monde d’une attaque nucléaire, où les mecs tapent super vite sur leur clavier sans jamais utiliser une seule fois la souris (mais comment qu’ils font merde!), et s’exclament au bout de 12s “c’est bon, je l’ai localisé, il est à l’angle de la 72e et de Brockert street, j’envoie les unités immédiatement”.
Je sais, vous êtes sous le choc de cette révélation intime. Je comprends. Normal.
J’aurais pu me rendre compte avant de cette “passion”. Des choses évidentes auraient dû me mettre la puce à l’oreille. Je collectionne les plans de métro des villes du monde entier (j’en ai même affiché dans mes toilettes) et j’ai adoré jouer à Sim City. Ok ok, c’est pas forcément l’image que vous avez de moi. Mais n’allez pas vous imaginer que j’étais le petit bolosse de la cour de récré qui n’avait pas d’amis pour jouer à la console et qui se retrouvait seul devant son Amstrad CPC 464. Non. Avec mes niggaz, j’avais développé un vrai don pour utiliser les tortues vertes à Mario Kart et je déchirais n’importe quel adversaire avec Ryu à Street Fighter II… (c’est ça, c’est bien Ryu, hein ?…).
Mais pourquoi je vous raconte tout ça ? Pourquoi vous parler de cette passion soudainement découverte ?
Parce que j’étais à un BBQ le week-end dernier (oui, il pleuvait, merci j’ai “vu”). Et qui dit BBQ dit jardin. Qui dit jardin dit banlieue. Or, cette banlieue qui avait la chance de m’accueillir ressemblait à l’image qu’on peut avoir des banlieues américaines. Vous savez ces immenses endroits à la “Desperate Housewives” ou à la “Weeds” avec des enchainements de maisons reliées les unes aux autres par des routes aux tracés géométriques divers. Avec toutes les commodités bien organisées. Et, parfois, juste les rues qui attendent que la brochette de maisons soit construite. Honnêtement, nos nouvelles villes dortoirs n’ont rien à envier aux grandes cités équivalentes aux États-Unis (cf. tout en bas de cet article). Enfin presque. Là-bas, ça fait des dizaines d’années qu’ils en construisent. Elles sont immenses. Elle sont démesurées. Ces ilots champignons (qui n’ont rien d’hallucinogènes) n’en finissent pas d’apparaître, de plus en plus éloignés des villes, jusque dans les déserts.
Leur organisation me fascine : partagé entre le plaisir de regarder ce qui ressemble à une maquette et la façon dont nous, Hommes “moderne”, concevons notre habitat. La version réelle de Matrix : tous ces gens qui se tapent des heures de transports quotidiennement pour rentrer dans leur lotissement, leur jolie maison avec piscine, arbuste, garage, 3 chambres et un living room, copie conforme des 492 autres maisons voisines, poignées de porte et mobilier Home Depot compris (Ikea ou But selon le bled). Comment les américains, et maintenant les européens, acceptent cette aberration urbanistique et écologique ?
Bah les américains, ils s’en foutent. Au contraire même. Du moment qu’ils peuvent faire le méga BBQ géant avec tout le quartier, en toute sécurité. Nos buveurs de coca-cola préférés vont même jusqu’à construire des “vraies-fausses villes” (oui, c’est conceptuel). Rappellez-vous la jolie ville dans The Truman Show. Elle existe ! Du coup, pourquoi ne pas allez plus loin et bâtir une ville complétement privée ? Done également ! à la fin des 90′s, Disney a créé sa ville (Celebration en Floride), pour que les gens habitent enfin dans la cité la plus parfaite des états-unis, où faire pisser son chien dans la rue et changer les dalles de la terrasse sont strictement interdit sous peine de se prendre un coup de taser…
Cet “American way of life” est très bien traité par le photographe Alex MacLean, dans une série de livres et d’expos :
Le site du photographe.
Et, pour conclure, une vue de Google Maps, en région parisienne… A la différence des USA, nous devons en plus prévoir des emplacements pour accueillir les mangeurs de hérissons, qui adorent ce genre de banlieue…
Victor Ward (12 780 Arncliff Road)
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