Street Art #5 – Le graff dans tous ses états.
Le graff est l’art majeur du street art (et mon préféré comme vous le savez), je ne vais pas vous en faire l’historique puisque que l’on peut facilement le trouver sur le net (wiki et google sont vos amis). Depuis quelques années, le graff est de plus en plus délaissé pour d’autres moyens d’expression. Car faire du pochoir ou de l’affichage est beaucoup plus rapide et pour le second beaucoup moins sanctionné par la loi. Du coup beaucoup d’artiste délaissent le graffiti surtout à NY (capital du Street Art) et vu qu’on a 10 ans de retard sur les states ça va finir par arriver en France.
Rassurez-vous, le graff est loin d’être mort. Certes, c’est interdit de peindre sur les murs, mais comme tout sur cette planète, il suit la loi de l’évolution (chère à Darwin) et donc s’adapte aux contraintes pour continuer d’exister.
Petite review des différents ou nouveaux modes de graff.
Commençons par le graffiti propre, ou reverse graffiti. Pas de bombe ni de peinture : ici un brésilien exploite de superbe manière le concept du graff nettoyant . Même si c’est surement répréhensible par la loi, puisqu’il est toujours (malheureusement) interdit de s’exprimer sur les murs de la cité. En cas de contrôle par les forces de l’ordre la scène doit être assez cocasse (mais Monsieur l’agent je fais rien je suis juste en train de nettoyer ce mur.) Et puis pour faire disparaitre le graff il suffit de nettoyer l’ensemble du mur et on en parle plus. Notons que si cette mode arrive un jour en France, on pourrait graffer en utilisant des équipements de nettoyage à haute pression (ou des détergents car la saleté accroche bien sur le ciment), il y a beaucoup de mur ayant besoin d’un ravalement donc le terrain de jeux est immense. Et toujours en cas en contrôle : Mais Monsieur l’agent c’est notre cher et tendre président qui a dit qu’il fallait passer tous ça au Karcher.
Toujours dans l’esprit de rendre plus agréable nos tristes et grises villes le Graffiti végétale, peut être bientôt encouragé par nos amis écolos ? J’imagine bien ma grand mère dire “alors maintenant les jeunes écrivent avec de l’herbe sur les murs, remarque avant ils la fumaient donc y a du mieux!”.
Sans transition passons au graff lumineux ou light graff . Cette année le ligth painting c’est très hype, Juliette Binoche en fait la promo (cf affiche du festival de cannes 2010). C’est le graff abstrait par excellence visible uniquement à l’aide d’un appareil photo réglé sur la bonne vitesse d’obturation (lente). Petit bonus vidéo (et pub involontaire).
Pour les accrocs du tatouage, dans la mouvance du body painting : le body graff. Ici on s’éloigne de la rue pour graffer sur le corps humain (sur le corps de jolies demoiselles, ça doit exister en version masculine mais je vous laisse chercher si ça vous chante). Perso je ne suis pas fan du résultats, même si les graff claquent et les couleurs pètent, j’ai du mal avec l’idée de graffer sur une “bombe” (et non pas avec). Autant un mur c’est moche et y apposer un graff ça ajoute un truc, autant là je me prends à penser comme un vieux con et ça me donne envie d’appeler ça du vandalisme, ça doit être mon côté romantique. Mais bon il en faut pour tous les gouts.
Alors c’est vrai que les puristes diront que le résultat des graffs précités (hormis les body-graffs) est assez basiques, pas vraiment de possibilité d’y ajouter des nuances, des couleurs etc… Que les fanas de la bombe se rassurent, des graffeurs français, fatigués des poursuites judiciaires et n’ayant plus assez de temps pour faire leurs T.I.G, ont inventé le CelloGraff ou Graffiti citoyen. C’est certifié 100% légale, on peut graffer tranquillement en plein jour en prenant son temps au vu et au sus de tous, sur des murs éphémères. Seul bémol pour le coup : sa fragilité. Car un graff classique ça prends du temps à faire mais ça reste longtemps (tout dépend de l’endroit tagué, de la réactivité des services municipaux ou des proprios, voir des autres graffeurs indélicats qui recouvriront un jour votre oeuvre). Le Cellograff peut être lui détruit par n’importe qui, ou remballé par son auteur une fois l’œuvre terminée. Mais bon le street art est un art éphémère de toute façon. Et le plus du cellulographe c’est de pouvoir graffer dans un endroit très passant et pouvoir échanger avec les badauds pendant l’instant de création, fini les zones industrielle à l’abandon où seul les autres graffeurs et les rats peuvent apprécier votre travail.
Pour finir, un dernier exemple et non des moindres : le graff numérique. Ça existe depuis que mspaint existe mais depuis la sortie (il y a quelques mois) du GML, il a pris un tout autre essort. Le GML est un des derniers projets de F.A.T (Free Art & Technology), dans la lignée de leurs projets précédents Graffiti Analysis, Laser Tag and EyeWriter.
Le GML est une invention qui va peut être révolutionner le graff. Ce “Graffiti Markup Language” est un nouveau format de fichier XML qui permets d’enregistrer et d’exploiter le tracé d’un graffiti en enregistrant le mouvement dans l’espace. Le GML a déjà trouvé beaucoup d’applications au sein des artistes et graffeurs tel que le montre la vidéo ci-après.
GML = Graffiti Markup Language from Evan Roth on Vimeo.De plus et surtout, ce format permet de graffer sur son précieux de marque Apple . Et bien sur ”there is an app for that” sur iPad ou iPhone (tous dépend de vos moyens financiers !). Vous pourrez ensuite uploader votre fichier (votre tag) sur les serveurs de 000000book.com (une base de données libre de graffitis). Ces graffs (vos graffs) peuvent ensuite être visionnés, téléchargés et/ou réutilisés grâce au GML. Et surtout ils seront sauvegardés pour l’éternité.
Une autre vidéo sur le graff numérique :
Un concept plutôt novateur et amusant. Beaucoup d’appli ont déjà été développées pour utiliser le GML sur votre smartphone (et aussi sur votre ordinateur), voir ici : http://000000book.com/apps. On peut maintenant tagger les murs Facebook et autres myspace de ses amis, ça au moins c’est légale (pour le moment donc profitez-en).
Sebdo – Graffiti Must Live
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